07 mars 2007

Festin à 25.000 dollars


Les dix plats du menu à 25.000 dollars servi le samedi 10 février 2007 à Bangkok, en Thaïlande, par une demi-douzaine de chefs triplement étoilés au Michelin à quelque 40 privilégiés:

Crème brûlée de foie gras aux haricots de Tonga
Louis Roederer Cristal 1990
Chef: Alain Solivérès du restaurant Taillevent à Paris


Tartare de boeuf de Kobe, avec caviar Beluga Impérial et huîtres Belon
Krug Clos du Mesnil 1995
chef: Antoine Westermann du restaurant Le Buerhiesel à Strasbourg


Mousseline d'écrevisses "pattes rouges", avec infusion de morilles
Corton-Charlemagne, Domaine Jean François Coche-Dury 2000
chef: Alain Solivérès du restaurant Taillevent


"Tarte Fine" avec coquilles Saint-Jacques et truffe noire
Le Montrachet, Domaine de la Romanée-Conti 1996
chef: Antoine Westermann du restaurant Le Buerhiesel


"Osso Bucco" de homards de Bretagne
Romanée-Conti, Domaine de la Romanée-Conti 1985

chef: Jean-Michel Lorain de La Côte Saint Jacques à Joigny, France


Ravioli à la pintade et au burrata, avec sauce de veau et truffe

Château Palmer 1961
chef: Annie Feolde de l'Enoteca Pinchiorri à Florence, Italie


Selle d'agneau "Leonel"
Château Mouton Rothschild 1959
chef: Marc Meneau de L'Espérance à Vézelay, France


Sorbet "Dom Perignon"


Suprême de pigeon en croute, avec sauce aux cêpes et cipollotti
Château Haut-Brion 1961
chef: Heinz Winkler du Residenz Heinz Winkler à Aschau, Allemagne


Joues de veau aux truffes du Périgord
Château Latour 1955
chef: Heinz Winkler


Pyramide de pain d'épices, avec caramel et crème glacée au beurre salé
Château d'Yquem 1967
chef: Jean-Michel Lorain de La Côte Saint Jacques








Dîner gastronomique pour milliardaires à Bangkok

Caviar beluga, truffe du Périgord et sorbet au champagne Dom Perignon sont au menu samedi soir à Bangkok d'un exceptionnel dîner gastronomique réservé aux gourmets milliardaires. Pour ce "repas d'une vie", comme l'ont baptisé les organisateurs, chacun des convives doit en effet débourser la modique somme de 25.000 dollars (19.000 euros).
Bien évidemment, les différentes taxes et autres pourboires ne sont pas compris dans ce prix fourni à titre indicatif.
Six grands chefs venus de France, d'Italie et d'Allemagne, comptant tous trois étoiles au Michelin, prépareront les dix plats d'exception de ce repas, accompagnés de vins aussi fins que rares.
"C'est surréaliste! Tout cela est surréaliste!", s'enthousiasme Alain Solivérès, chef du restaurant Taillevent à Paris. Cette toque fameuse a pour mission de préparer deux de ses spécialités, dont une entrée particulièrement émoustillante pour les papilles: une crème brûlée de foie gras arrosée de Louis Roederer Cristal, un champagne à plus de 500 dollars (400 euros) la bouteille qui reste cependant l'un des crus les moins dispendieux de ce menu.
"Réunir tous ces chefs trois étoiles et servir de tels vins à tant de personnes est un incroyable exploit", poursuit le chef français, quelques heures avant cet extraordinaire festin. "C'est fabuleux!"
Difficile de savoir s'il s'agit du dîner le plus cher jamais servi. Des oenologues et amateurs de grands vins organisent régulièrement à New York, Londres ou Tokyo des concours réservés à une clientèle fortunée. Certains patrons hédonistes s'offrent également des soirées exceptionnelles à grands renforts de millions de dollars.
La grande différence avec ces orgies vient du lieu où se tient ce dîner. En Thaïlande, il faut cinq années de salaire à un enseignant moyen pour gagner 25.000 dollars et beaucoup dans ce pays ne sont pas aussi bien lotis. L'homme de la rue considère du reste comme de "l'argent gâché" cette luxueuse folie à "un million de bahts".
Le prix annoncé pour ces réjouissances gastronomiques ne choque pas que les Thaïlandais. "C'est fou", reconnaît le chef français Antoine Westermann du Buerhiesel à Strasbourg, où dîner coûte en moyenne 200 euros par tête. "Comment un repas peut-il être aussi cher?", s'interroge-t-il, promettant pourtant à ses convives de leur en donner "pour leur argent".
Les organisateurs répondent à ces critiques en faisant valoir que "l'essentiel" des profits générés par cet événement ira à deux organisations humanitaires, Médecins sans frontières (MSF) et la Fondation Chaipattana, voulue par le roi de Thaïlande pour contribuer au développement rural de son pays.
Le dîner devait être servi à 40 privilégiés, 15 convives payants et 25 invités. Plusieurs des convives font parties des 500 plus grandes fortunes du monde répertoriées par le magazine "Fortune", notamment un propriétaire de casinos à Macao et le patron d'un groupe hôtelier de Taïwan. Les autres viennent d'Europe, des Etats-Unis, du Moyen-Orient et d'Asie mais on n'en saura pas plus.
Pour ce repas unique, les chefs -ou "maîtres épicuriens, comme les présentent les organisateurs- ont réclamé les ingrédients les plus nobles et les plus frais: truffes noires, foie gras, huîtres et homards vivants de France, caviar de Suisse, mais aussi truffe blanche de Rome et artichauts de Jérusalem...
A chaque plat correspond un breuvage légendaire: Romanée Conti 1985, Mouton Rothschild 1959, Château d'Yquem 1967 ou encore Château Palmer 1961, considéré comme "l'un des plus grands vins du XXe siècle", dixit Alun Griffiths, expert du négociant britannique Berry Bros. & Rudd. AP

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